L'avis de l'expert

Les parents manquent véritablement d’informations sur l’énurésie nocturne et le parcours pour en obtenir n’est pas simple. Selon une enquête Sofrès-Ferring réalisée en 1997, 42% des mères reconnaissent qu’elles ne font pas ce qu’il faut pour aider leur enfant et 40% d’entre elles développent un sentiment de culpabilité. Il faut, au contraire, éviter de considérer l’énurésie comme un sujet tabou et en parler ouvertement car le retentissement sur l’enfant est important sur son intégration sociale. Des solutions existent. Il s’agit donc d’inciter les parents à oser consulter et développer le dépistage. Rappelons que les premiers résultats de l’enquête nationale Ferring 2002 montrent que 77% des enfants souhaitent se confier à leur mère et que 84% d’entre eux estiment utile d’en parler à un médecin.

Faire participer l’enfant

Pour qu’un traitement soit efficace, il faut que l’enfant ait une démarche active de « guérison » car sans motivation, le meilleur des traitements court à l’échec. Mais attention !  Cette dernière doit venir de l’enfant, mais aussi des deux parents. La réticence de l’un d’eux peut effectivement suffire à abandonner le suivi et donc les chances de succès. Cela est particulièrement vrai chez les enfants de parents séparés qui peuvent voir le traitement soutenu par l’un et dénigré par l’autre des parents, lors des gardes de week-end ou autres.

Il est très important de faire participer l’enfant à toutes les étapes de sa prise en charge thérapeutique et bien entendu au choix du médecin : médecin de famille ou spécialiste. L’évaluation de la gêne causée par l’énurésie est effectivement possible grâce à un matériel pédagogique : livres, crayons, etc. car savoir entrer dans ses émotions permet de décider à deux  si « nous » sommes motivés.

Lever sa culpabilité

Lorsque l’enfant apprend que le pipi au lit n’est pas « de sa faute » mais une question de maturité, il participe mieux au traitement. Si le traitement ne marche pas tout de suite, il est crucial de lui faire comprendre que ce n’est pas la faute du médicament mais qu’il était peut-être trop tôt. En matière d’énurésie, il faut parfois « savoir reculer pour mieux sauter » et reprendre le traitement un ou deux ans plus tard.

Enfin, les mamans doivent aussi prendre conscience que l’énurésie n’est pas un acte volontaire et que toute punition aurait pour conséquence de culpabiliser injustement leur enfant.

 

 

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